Récit et vidéo de la tentative de traversée Eifel-Fagnes

janvier 16th, 2011 by domsny

eifel17Traverser à ski les hauts plateaux des Fagnes et de l’Eifel avec de joyeuses personnalités de 15-16 ans, voici le challenge que Capexpé s’était fixé en ce début d’année 2011. S’inventer une « wilderness » de proximité et y plonger à la recherche de sens, voilà la montagne qui se dressait devant nous au départ de cette aventure.

Septante-cinq kilomètres entre Allemagne et Belgique sans traverser plus de quatre routes, l’aventure fut à la hauteur de l’objectif. Ce fut fort et plus que mille mots, la vidéo de cette expé vous partagera l’ambiance chaudement vécue à neuf. La météo ne nous a par épargné et tous, à un moment ou un autre, nous avons touché nos limites. Sans diminuer ce que les autres participants ont pu vivre, je voulais juste vous partager ici ce que cette expé a déclenché chez moi.

Tout d’abord une confirmation : cette traversée est magnifique. Nous l’avons tentée dans des conditions difficiles et elle nous a résisté. Nous étions pourtant prêts, les sacs minutieusement pesés et le moral au zénith. Deux jours de pluie, une nuit sous tente et des erreurs de gestion de groupe dans mon chef nous ont usés et fait reculer. Plus exactement, j’ai reculé sans tout à fait m’en rendre compte immédiatement. Au lieu d’un plongeon dans les fagnes wallonnes enfuies sous une épaisse couche de neige fondante, nous nous sommes laissés dériver vers le confort des chemins allemands, balisés et damnés.  Une fois à la route Elsenborn-Kalterherberg, un petit coup de GSM nous a téléporté dans la chaleur du sauna du fond des bois.

L’expérience fut d’autant plus forte que justement nous étions en pleine « wilderness » inventée, proche de tout. Ce n’est pas la première fois que je dois faire marche arrière en expé, mais c’est la première fois qu’après coup cela me pèse autant. L’élan initiatique de ce voyage-ci ne devait-il pas être suivi jusqu’au bout ? Il demandait un lâcher prise d’autant plus important que la situation ne comportait aucun danger objectif et les portes de sorties étaient nombreuses. Cette expé, comme toutes les autres, était un exercice spirituel pour lutter contre nos addictions consommatrices et s’ouvrir à nos vraies questions existentielles. La proximité du lieu et la jeunesse des participants en intensifiaient encore l’enjeu.

Les causes de notre échec sont on ne peut plus classiques. Une fois encore nous sommes partis tard, nous obligeant à planter les tentes trop loin du but le premier jour. Le lendemain, je n’ai pas bien géré la répartition du poids des sacs et surtout l’itinéraire au moment critique. Transis de la tête au pied par cette pluie ricochant sur la neige, la fatigue s’est alors insinué dans le groupe qui s’est mis à “suivre” sans plus penser ni croire au but.

Certes, cette déception ici partagée est celle d’un guide exigeant mais c’est aussi l’occasion d’une certaine remise en question : Ai-je le droit d’imposer ainsi ces chemins initiatiques aux générations déferlantes de Capexpé? Ne dois-je pas plutôt leur laisser le soin de trouver eux-mêmes les voies qui leur conviennent? N’est-ce pas surtout à eux de prendre et non à moi d’offrir ? Et pourtant si des gars comme moi ne le font pas qui le fera? N’avons nous pas tous un jour rencontré des aînés qui nous ont fait découvrir la lumière capable de nous faire décoller?  Je pense qu’ils ont vraiment apprécié cette aventure et se sont sentis vivre en tâtant leurs limites. N’est-ce pas déjà suffisant?  Si j’ose ce récit, c’est aussi pour qu’ils puisent dans cette tentative de traversée l’envie non seulement de recommencer mais surtout de suivre cette fois l’élan jusqu’au bout, fortifiés par la compréhension des erreurs et faiblesses dans cette aventure-ci.

Cette expé a aussi confirmé à mes yeux l’importance et la pertinence du projet Capexpé. C’est l’élan partagé qui crée le sens mais pour pouvoir le suivre jusqu’au bout, sa mise en musique doit être irréprochable. L’improvisation, si elle peut-être magique lorsqu’elle est partagée par de bons musiciens expérimentés, reste la plupart du temps d’une platitude ennuyeuse. Les plus belles créations sont toujours le fruit d’un effort conséquent. N’est-ce pas notre devoir et notre joie que d’essayer de diffuser cette évidence là où la culture ambiante clame contraire? Il y a certes mille façons de le faire mais Capexpé n’a-t-elle pas un message vivifiant à partager en optant ainsi pour le bain complet et radical dans l’élément naturel ? Ne faut-il pas apprendre aussi à le dire, le filmer ou même l’écrire?

En tous les cas, moi qui voulais donner c’est surtout recevoir que j’ai du me résigner à faire. Vivre ainsi trois jours dans le froid de ces grands espaces humides avec ces six géants de quinze ans m’a gonflé d’énergie et d’envies nouvelles. Plus que jamais je rêve de forcer les liens entre les générations. Où sont passées nos veillées d’hivers d’antan ? Pourquoi diable avons nous tellement peur de cette « génération Facebook” ?  Est-ce finalement si différent ?

Et si nous découvrions ensemble un chemin vers une ère postcapitaliste où le sens primerait sur la peur et où l’action primerait sur la consommation?

Qui est partant ?

Dom

Liste de matos

décembre 12th, 2010 by domsny

DSC01098Nous serons 7 ou 8 à cette capexpé.  Nous ne connaissons pas encore la méteo, mais qu’il fasse froid et sec avec de la neige ou très humide, nous avons intérêt à être bien équippés. Voici la liste du matos perso et commun.

Surtout n’achetez rien. Capexpe peut vous prêter jusqu’à des caleçons chauds. Merci toutefois d’envoyer suffisamment tôt la liste de ce dont avez besoin à l’email: matos at capexpe.org en précisant le nom de l’expé. Merci de répondre en même temps aux questions suivantes à l’email matos at capexpe.org

  • Je peux passer à LLN le … à …. pour rassembler le matos commun.
  • J’arrive le 5 janvier à la gare de Verviers à ….. heures.
  • J’arrive le 6 janvier à la gare de Verviers à … heures. (Avant 9 h du mat).
  • Je chausse du …..
  • Je (ne) reste(pas) le samedi 8 janvier pour le sauna d’après Capexpe.

Liste de matos perso (attention le sac doit être le plus léger possible):

  • 1 sac à dos.
  • 2 sacs poubelle pour l’étanchéïté.
  • 1 matelas auto-gonflant isolant style thermarest. (Matelas mousse ou pneumatique interdit sur la neige.).
  • 1 sac de couchage (pas besoin d’un -20C, -0C suffit).
  • 1 bonnet chaud (très important).
  • 1 anorak étanche léger.
  • 1 polar polyester chaud (style fourrure polaire classique).
  • 1-2 sous vêtements à longues manches en polyester style capilene ou Wedze chez Decathlon (pas de damar ni coton qui prennent l’humidité).
  • 1 T-shirt.
  • 1 pantalon léger séchant très vite (pas de jeans qui une fois trempés ne sèchent plus).
  • 1 sous pantalon en polyester style Capilene.
  • 3 paires de chaussettes chaudes (elles seront trempées d’où le nombre 3).
  • 1 paire de gants.
  • 1 lampe frontale.
  • 1 gourde ou bouteille d’eau 1 l.
  • 1 simple canif (pas la grosse artillerie hein ;-) ).
  • 1 briquet pour brûler le P Q.
  • 1 paire de chaussures de marche si pas de neige.
  • Optionnel: un pantalon coupe vent style K-Way.
  • Un maillot pour ceux qui veulent prendre un sauna au retour.

Liste de matos commun Capexpe:

  • 2 tentes dôme North Face 3-4 personnes
  • 2 réchauds essence MSR.
  • Casseroles.
  • Bols + couverts.
  • 2 thermos.
  • Pharmacie.
  • Rouleaux P Q.
  • Paires de ski de randonnées nordiques + bâtons.
  • Chaussures de ski.
  • Cartes
  • Boussole et GPS.

Grande traversée des hauts plateaux Fagnes – Eifel

novembre 29th, 2010 by domsny

Hautes-Fagnes-2

Entre Noël et nouvel an (et pourquoi pas celui-ci), nous serons un petit groupe à ouvrir une nouvelle traversée en autonomie totale sur les hauts plateaux entre le Belgique et l’Allemagne. Plus de 60 km entre 700m et 500m en ne traversant que trois routes !

Date: 3 jours encore à définir quelques part pendant les vacances de Noël.

Durée: trois jours

Départ: Vogelzang Burg, centre de formation d’officiers nazis avant la guerre dans le parc national de l’Eifel.

Arrivée: un certain Sauna au feu de bois à Jalhay.

Logement: sous tente.