Pour clôturer cette expé-ci et en initier d’autres

février 6th, 2010 by qmoreau

Il tarde ce récit. C’est un peu le lot de ce genre d’aventure : trop prenante, trop à dire sur le moment, trop vite finie et trop vite le train-train de la ville qui reprend le dessus. C’est un peu injuste, ce genre de choses.

Le reste suit très vite.

De nouvelles photos sur la page album.

Fous ta chapka !!! (sous un air de Michael Youn)

janvier 17th, 2010 by qmoreau

D’abord il y a l’omble arctique. Le lendemain c’est yak grillé. Ensuite c’est truite lenok. Après, c’est à dire demain, il y aura pâtes, soupe russe et copeaux de viande à couper à même le glaçon qu’elle sera, est et a toujours été depuis son abattage il y a quelques mois.

Ainsi coule la vie, rude de froid mais douce pour tout le reste dans cette maison de bois aux confins mongols, au bord du lac Khuvsgul. Mélancolique ? Un peu trop pour être vrai. Comme de penser à la réputation de Thoreau sans s’être frotté à son âpre prose et à ses dures réalités.

Partis tous trois et pour diverses raisons, nos plans butent à une réalité qui s’avère bien plus forte que nos desseins particuliers. Cette aventure-ci ne se laisse pas apprivoiser et file de plus en plus entre nos doigts.

Par quoi commencer ? Par le factuel – c’est plus facile.

Nous attendons du matériel qui doit arriver par fourgon depuis Ulaanbaatar et qui n’arrive pas. Les pulkas d’abord mais nous avons trouvé des traîneaux ici. Les harnais, cordes, mousquetons et surtout des crampons sans lesquels une marche sur glace s’avère exercice d’équilibriste impossible au long cours.

Le froid ensuite. Nous nous sommes crus assez forts que pour vivre des nuits polaires d’affilée sous la tente avec un équipement réduit, “à la mongole”. Le fait est que les Mongols restent chez eux l’hiver, que la yourte est parfaitement adaptée et chauffable, que le cheval (à moins que la voiture ou la moto ?) est un moyen de transport bien plus rapide et fiable que la marche à pied. Nous ne sommes pas mongols et nous ne sommes pas forts.

Bref, une courte reconnaissance sur la glace puis deux jours et une nuit sous tente nous ont vus buter, trébucher et nous relever un peu plus humbles.

Après cela nous avons échafaudé des plans. Le premier était d’aller retrouver les Tsaatanes – les derniers 400 éleveurs de rennes, chamanisants et vivant sous tipi dans le confin sibérien de la région (”plus loin, tu meurs”). Mes ces derniers se font depuis quelques mois des véritables fortunes à louer leurs rennes à des nouveaux chercheurs d’or (c’est un scoop). L’hypothèse de se retrouver dans un Klondike illégal avec nos appareils photos et nos gueules de blancs nous a déplu et apeuré. Même à l’Est, le Far West n’est jamais vraiment loin.

Autre plan ? Oui et nous le suivons demain matin. 120km de jeep russe le long et sur le lac pour rejoindre au Nord les deux-tiers de sa rive Ouest et une presqu’île un peu peuplée : Dolon Uul, les Sept Montagnes. Camp de base et l’une ou l’autre randonnées de quelques jours dans les montagnes et à ses abords. Il y aurait été vu du loup, du chevrotin porte-musc, du glouton et autres élans et cerfs. A notre tour de nous improviser voyants

Faire, faire, faire. Rentabiliser un voyage pour diverses raisons. Que nous soyons ici depuis 2 ans, un an ou 2 semaines, cete impératif sonne trop fort. C’est peut-être même dommage sous certains points. Nous venons de passer de très belles heures à ne pas faire grand chose que de nous nourrir d’autre chose.

Voici pour le factuel. Après quoi je reprend le “je” pour poursuivre sans oser associer mes deux véritables ‘companeros’.

Après, je prend mon pied ici. Point de pollution gazeuse, sonore ou visuelle et juste une crève qui tarde à guérir.
Du temps à passer autour du poêle. Des livres à lire – Le Pape des Escargots, hautement recommandable en ces temps de non-sens post-moderne.
De la musique, de l’improbable salsa ou Ali Farka Touré. Julien qui chante et gratte sa guitare. D’interminables soirées à refaire le monde, à confronter du singulier si important à sa petite échelle. De très longues nuits d’un peu d’insomnie et de beaucoup de rêves.

Dehors il y a Tshimba, l’ami mongol, un peu gardien et très aidant. Sa femme Boloro et la fille de cette dernière. Ils offrent si souvent l’hospitalité sous leur yourte : le rituel thé-biscuit-télé.

Dehors c’est le permafrost et la chienne nouvellement baptisée Laïka qui grelotte, toute givrée mais reconnaissante qu’on lui soigne un peu sa maigreur.

Dehors il y a le lac. Le vent a soufflé un peu découvrant ses entrailles de glace. Le météorologue du coin parle de 70cm d’épaisseur déjà et s’accroissant rapidement. La glace est transparente, d’un bleu profond qui ferait entrevoir ses 224m de profondeur. Mais la masse est nervurée de fissures,  de cassures, de crêtes. La glace glisse comme savonnée mais ondule, ondoie. Lorsque les fissures ne sont pas profondes ou peu nombreuses, on a peur tant la glace semble fine et improbable, tant la transparence est forte. Alors c’est marcher sur l’eau, au milieu de l’océan et c’est effrayant.

Dehors il y a l’hiver et le froid, calme et introspectif. Le voilà peut-être le moteur de tout ce beau.

Après, dans quelques jours, là-dehors, il y aura la rencontre avec un chamane hivernant le long du lac. Finalement n’est ce pas lui qui détient bonne part du secret de ce lieu ?
Peut-être dira-t-il un peu de ses histoires ?

A dans une bonne semaine.
Quentin (et les deux autres, et les esprits !)

P.S. :  Nous sommes au coin du feu. On se raconte des fables qui font peur, minuit approchant. En écho à demain, on raconte ces nombreuses histoires de voitures perdues corps et âmes avec leur équipage au complet, une plaque de glace trop érodée par un mystérieux courant cédant à leur passage. Toujours cette part de peur qui se mèle au beau.

Quelques premières images

janvier 13th, 2010 by greg

Voici les premières images de nos quelques jours à la campagne. On est évidement limités car ça n’est pas évident d’envoyer les images avec la maigre qualité de notre connexion, mais nous avons essayés de les choisir au mieux pour vous retransmettre l’ambiance.

Lac_Khuvsgul

Lac_Khuvsgul

Lac_Khuvsgul

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Depart d’Ulaan Baator et arrivée à la campagne

janvier 10th, 2010 by greg

Ca fait maintenant quelques jours que nous n’avons plus eu l’occasion de vous donner des nouvelles. Permettez moi donc de vous conter la suite depuis mon dernier message sur ce blog.

Nos quelques jours a Ulaan Baator

C’est finalement à mon arrivée en Mongolie que l’expé a vraiment commencée à s’organiser. D’abord la découverte du marché de UB avec l’achat du matériel de base (dont je vous parlait dans mon dernier article), puis ensuite s’arranger pour le moyen de transport pour arriver jusqu’au lac et tous les détails logistiques. Ensuite, comme Quentin, j’ai commandé un manteau traditionnel mongole (Un deel) pour utiliser ça contre le froid… après tout, si les mongols ont vécu depuis plus de 1000 ans dans ces contrées, c’est encore eux les mieux placés pour savoir quels sont les meilleurs façons de se protéger du froid. Evidement, vu ma taille, inutile de dire que j’ai du faire faire le deel sur mesure … mais malgré ça, en 2 jours c’était dans la poche et le deel sur mesure était prêt !!

En chemin vers le lac Khuvsgul

C’est finalement le jeudi 7 janvier à 9h que nous avons réservé nos places dans un vol pour Morun … Nous arrivons donc, après une courte nuit, vers 7h du matin à l’aéroport d’Ulaan Baator. Evidement, ici c’est pas comme a Zaventem … 2h avant le vol y’a encore aucun guichet ouvert … ça n’est donc que vers 8h que nous enregistrons nos bagages et que nous rentrons pour faire les contrôles d’usage pour prendre notre avion. On était l’attraction de l’aéroport Quentin et moi… en effet, n’ayant droit qu’à 15kg de bagages (bagage à main compris), on avait mis nos deels sur nous, mais évidement ça faisait vraiment clown avec nos deels tous neufs, et nos tailles hors-norme mongole (On faisait l’attraction du jour a l’aéroport). Ensuite pour les contrôles, comme on était bien habillé (pour limiter le poids des bagages), inutile de vous décrire le déshabillage presque total pour passer le portique à détecteur de métal !!! C’était folklorique ;)
Mais voilà que vers 8h45 on nous annonce que le vol est finalement reporté d’une heure pour cause de tempête de neige a Morun … impossible d’atterrir. Super réjouissant, ça signifie donc de ressortir de la salle d’embarcation et de refaire tous les contrôle dans 2h, j’adore ! … mais bon, déjà que l’atterrissage sur glace doit pas être simple …. je préfère pas que le pilote prenne des risques supplémentaires en tentant un atterrissage d’urgence a bord de son petit avion 30 places Saab à hélices !!!
Finalement nous décollons vers 11h30 sur la belle piste gelée d’Ulaan Baator … ici c’est pas le gel qui pose problème. Il faut croire qu’ils ont l’habitude. Le vol s’est passé sans problèmes, et j’avoue que j’étais tout content de faire mon baptême de l’air avec un avion à hélices :)

Arrivé à Morun, Tchimba, un ami de Julien, nous y attend avec une 4×4 pour nous amener jusqu’à Khatgal qui est la ville qui borde le lac. Mais comme toujours en Mongolie, rien n’est proche … et c’est donc encore 3h de route qui nous attend dans sa vieille 4×4 russe! Sans compter le pneu crevé à mi-chemin par un vieux clou plié de 30cm qui gisait là, au milieu de nulle part!
Le soir, épuisés, Tchimba nous accueille gentiment dans sa yourte pour nous proposer de dîner avec lui… il a bien compris qu’on n’est pas en état de cuisiner ce soir. Et c’est vers 23h que nous nous endormons comme des bienheureux pour dormir jusqu’à 14h le lendemain … autant vous dire qu’on en avait bien besoin.

Arrivée à la campagne et premières impressions

C’est là qu’on découvre l’endroit où nous allons vivre pendant les 3 prochaines semaines. Nous sommes à Khatgal dans la cabane de Julien. Une belle cabane en bois, style cabane de trappeur, dans un beau style authentique. Mais évidement, il n’y a qu’un seul poêle dans la maison, et inutile de dire que c’est pas simple de se chauffer vu la qualité de l’isolation. Dans le meilleur des cas, quand on bourre le poêle pendant plusieurs heures d’affilée on arrive péniblement à toucher les 12°C !! Quelque part, c’est déjà pas mal quand on pense qu’il fait entre -25°C (le jour) et -35°C (la nuit) ces jours ci. Cette première nuit dans sa cabane nous fit réaliser a quel point on va devoir se protéger du froid en permanence. En effet, la nuit, le poêle n’étant plus alimenté, on est descendu entre -15°C et -20°C à l’intérieur … mieux vaut être bien couvert. On s’est donc tous les trois réveillés au milieu de cette première nuit pour rajouter une couche sur nos épaules. Voici la solution qui semble fonctionner (pour l’instant)

  • sous-pull en capilène et collants en laine
  • sac de couchage en polar
  • sac de couchage en duvet
  • deel en fourrure pour englober le tout
  • ne pas oublier la chapka sur la tête pour ne pas perdre sa chaleur par la tête

Nous voici donc le premier “matin” à la campagne, nous sommes le 8 janvier. C’est l’anniversaire de Marie, et j’aimerais bien lui envoyer un sms. Mais voilà qu’en discutant avec Tchimba, il nous explique que l’antenne GSM du coin a rendu l’âme depuis 2 jours … donc impossible de communiquer par téléphone. De plus, le cyber-café a fermé cet hiver car il y a trop peu de clients. Bref, aucune communication à l’extérieur possible. C’est ce qu’on appelle “Etre coupé du monde”. Il existe juste un téléphone fixe qui permet de communiquer avec les gens de la même province, autant dire qu’on n’est pas très avancé.
Merde, nous voilà vraiment coupés du monde sans la possibilité de donner de nouvelles à personne, et le pire c’est qu’on a dit à tout le monde qu’on était joignable. Voilà qui va les inquiéter …
Un peu avant le coucher du soleil je veux quand même tenter le coup et je part me promener sur la colline la plus proche qui surplombe la ville en me disant que peut-être je pourrait joindre une autre antenne un peu plus loin. Arrivé en haut de la colline, toujours pas de signal … pfff, c’est foutu. Les distances en Mongolie sont bien trop grandes, et quand on ne capte pas une antenne, inutile d’espérer en atteindre une autre sans se déplacer jusqu’à la prochaine ville. Puis, c’est pendant ma descente, en arrivant en col que dans un élan de désespoir je regarde quand même mon téléphone ! Cool, ici je capte du réseau. Un petit coup de fil à Marie pour lui souhaiter un joyeux anniversaire et avoir le bonheur d’entendre son sourire au bout du téléphone, par plus de 6000km qui nous sépare !! :)
Finalement retour à la cabane et le réseau téléphone ne désamplifie pas !! En fait ils ont réparés l’antenne !! Bonne nouvelle … pourvu que ça dure. Ceci dit, après observation, l’antenne ne semble fonctionner qu’entre 14h et 16h dans le meilleur des cas.

Ce 9 janvier ne fut pas beaucoup plus productif que la veille … un levé tardif et un peu de mal à se lancer dans la journée avec ce froid qui nous engourdi. Julien sort son ordi et tente de faire fonctionner internet à l’aide de son téléphone … on passe bien 1h à chipoter pour finalement quand même parvenir à aller sur internet. C’est super lent, ça nous rappelle nos vieux modems 32Ko … mais c’est cool, si ça fonctionne, ça signifie qu’on pourra mettre quelque chose sur le blog de temps en temps. Mais je doute que les photos passent avec une si petite bande passante.
Ensuite nous partons à la découverte du lac qui se trouve de l’autre coté du village. Ce village est à l’image de toute la Mongolie : les distances à parcourir sont inversement proportionnelles au nombre d’habitants !! En effet, pour traverser le village qui doit contenir maximum 5000 habitants, on a bien du compter 45 min. Chaque propriété doit bien faire 700 mètres carrés et au milieu de chacune d’elles, une simple yourte trône !! C’est leur droit à la propriété. Ici le gouvernement offre gratuitement à chaque mongole une propriété de 700 mètres carrés pour s’installer ou il le souhaite.
Bref, tout ça pour dire que les distances sont grandes, très grandes, et à chaque déplacement on a un sentiment d’immobilité extrême. Une sorte d’impression de ne pas bouger et d’être sur un tapis roulant qui tourne à contre-sens.
Ceci dit le lac est superbe. Une énorme étendue blanche. Il est maculé d’une très fine couche de neige (même pas 1cm) et sous cette couche, une glace dure et noire de plus d’un mètre d’épaisseur (difficile à estimer). Malheureusement pour les photos il faudra encore attendre un peu.

En rentrant du lac on en a profité pour se faire quelques courses. Et ensuite c’était le festin. On a bien passé 1h30 à cuisiner sur le poêle pour se faire une belle bidoche et des légumes frais … quel bonheur de se remplir le ventre ainsi ;-)

Un grand bonjour à tous ceux qui nous lisent depuis leur bon canapé bien chaud ! On pense bien à vous … surtout au “bien chaud” ;-)

Arrivee en Mongolie et premieres impressions

janvier 4th, 2010 by greg

C’est donc dimanche matin a 7h22 que j’ai pris le train a Bruxelles en direction d’Amsterdam d’ou j’avais mon avion pour Ulaan Baatar avec une correspondance a Moscou.

Alors voici quelques anecdotes sur mon voyages et mes premiers impressions une fois arrive sur place.

Tout d’abord aussi surrealiste que ca puisse paraitre, c’est encore dans le train entre Bruxelles et Amsterdam que j’ai eu le plus froid de mon voyage (independament de mon arrivee a UB). En fait le chauffage ne fonctionnait pas dans le train et ca caillait vraiment (pourtant j’etait bien couvert). C’est pour dire a quel point il ne faut pas specialement partir loin pour chercher le froid.

Une fois arrive a Amsterdam, vlatipas que mon vol pour Moscou etait deja annonce avec 30min de retard … autant dire que ca annoncait deja que la suite de mon voyage allait etre epique. En effet, mol de connexion a Moscou me laissait seulement une marge d’une heure … bref, c’est pas gagne.
Mais une fois dans l’avion (sans parler des changements de gate d’embarquement) on a encore attendu une heure avant de partir. Autant dire que j’y croyait plus … mais le desespoir n’est pas russe .. quel ne fut pas ma surprise en arrivant a Moscou de voir qu’un vol pour Ulan Baatar avait ete annule et qu’un autre avant 1h30 de retard. Ouf, le mien etait celui qui avait du retard.

Ce n’est finalement qu’apres avoir encore attendu 1h de discussions, embarquer dans les bus, debarquer dans les bus, rembarquer dans les bus qu’on est rentre dans l’avion … 2h30 de retard en tout ! Mais peu importe, j’avais mon vol !!!

Peu de sommeil au total, mais me voici arrive a 9h30 du matin a Ulaan Baatar avec Quentin qui est venu m’accueillir a l’aeroport. -39C comme accueil on pouvais dire que j’aurais pas pu esperer mieux !!!

Alors -39C, pour ceux qui se posent la question : c’est froid … tres froid meme !!! (Mais c’est mieux que -8000C)

Les narines qui colent et le froid qui prend les pieds et les doigts … on le sent passer. Evidement en sortant de l’aeroport j’etait pas encore tres couvert. Mais apres avoir mis toutes mes couches pour affronter le marche (On a passe une bonne heure et demie dans le marche a essayer de trouver du matos pour s’equiper) :

  • Une chapka en peau de renard
  • Un pantalon de tankiste renbourre
  • Un pull en laine de chameau
  • Des chaussettes en laine de chameau
  • Des mousquetons
  • Une hache
  • Une scie sauteuse
  • De la corde

On trouve vraiment de tout au marche, et c’est pas cher … mais il faut pas avoir peur d’affronter le froid !!

Me voici maintenant chez Quentin, mais on va sortir boire un verre … j’ai plus dormi depuis 32h … je pense que je vais bien dormir cette nuit !!!!

Sur ces bonnes nouvelles, je vous laisse et vous souhaite plein de bonnes choses :)

En route vers le froid, sur les pas de l’homme

décembre 27th, 2009 by greg

Je n’ai jamais craint le froid par le passé. J’aurais même tendance à dire que je crains plus le chaud que le froid de manière générale. J’aime les belles journées d’hiver avec un ciel bleu, un froid piquant et une fine couche de neige. Emmitouflé dans mon écharpe, qu’il est bon de se promener et de profiter de ce soleil rasant qui nous réchauffe. Et terminer la journée autour d’un thé ou d’un chocolat chaud et du feu ouvert en faisant sécher les chaussettes.

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Non vraiment! J’aime le froid de l’hiver. J’aime ses vues infinies ou les arbres sans leur parures vertes laissent passer la vue et la lumière pour nous permettre de voir encore plus loin. J’aime ce monde fragile qui s’immobilise avec le froid et qui fait silence. C’est dans ce froid que le reccueillement est le plus profond.

Et bien oui, j’aime le froid et je m’en vais pour le froid. Je vous laisse avec votre Belgique chaude et humide pour des terres froides, sèches et arides. Je m’en vais en Mongolie. Non, je n’y vais pas pour faire du cheval ou du traineau à neige … j’y vais pour m’y promener et découvrir ces paysages interminables dans l’immobilité du silence et les admirer.

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Le projet est de partir au Lac Khövsgöl et de le traverser de part en part pendant le mois de janvier 2010. Donc oui, ça ne sera pas une épreuve de natation, mas bien de la marche. Oui, je marche sur l’eau … surtout quand les températures passent en dessous de -35°C !! Nous partons à trois. Deux d’entre nous sont déjà sur place et m’attendent pour commencer. Nous partirons à l’aventure, sous tente, à la dure.

Vous allez évidement me dire que c’est de la folie. Et pourtant ! Quand on pense que depuis plus de 1000 ans, des gens habitent ces contrées et vivent de leur agriculture et de leurs bêtes… pourquoi ne pourrions nous pas tenter le coup? Nous seront équipés de pulkas (traineaux à neige tirés par l’homme) ce qui nous permettra de transporter une plus grande quantité de matériel que si nous devions tout porter sur notre dos.

Inutile de vous dire que le matériel sera conséquent ! Il faut non seulement prévoir les vivres et la tente, mais aussi les gros pulls en laine et les peaux de bêtes qui nous permettrons de nous tenir chaud. Ca sera indispensable.

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Vous êtes plusieurs à me demander de vous ramener des photos et des vidéos. Sachez que ce que je verrais là-bas ne pourra sans doute pas se réfléter par des images prises dans une petite boite. En effet, vous ne ressentirez pas le froid, vous ne sentirez pas le vent ou la fatigue… et vous ne serez pas entourés par deux bons amis avec qui vous partagez l’aventure. Mais je ferrais ce que je peux pour vous partager mon aventure, et surtout vous donner envie de partir vous aussi, dans les contrées qui vous attirent, avec les gens que vous aimez ! Car un voyage c’est pas seulement l’endroit, mais c’est aussi et même d’avantage les gens.

Sur ce je vous laisse. Je m’en vais préparer mon sac et mes affaires. Je vous partagerais petit à petit mes impressions, dans la mesure ou j’aurais accès à mon blog, et j’espère vous retrouver nombreux à mon retour pour vous partager mes aventures, mais aussi pour vous témoigner mon amitié.

Greg

La chose avance, la Mongolie bouge

octobre 31st, 2009 by qmoreau

Les choses avancent et se précisent en Mongolie ! C’est que si la ville d’Ulaanbaatar est confortable, un petit goût d’ailleurs et d’aventure ne sont pas de trop pour égayer les soirées d’un hiver bien plus précoce que celui de Belgique et de Navarre.

Ceci dit, vous trouverez ici et ici les dernières photos et récits de ma vie citadine de ces dernières semaines.

Il a neigé, il fait -5/ -10 degrés et la neige s’est remise à tomber aujourd’hui.Du -20 va bientôt frapper aux portes des appartements et yourtes bien chauffés. A part quelques activités professorale, je m’évade en géopoésie (vous verrez très vite les premiers résultats) et en projets divers et variés.

Une petite promenade hivernale dans le Nord-Ouest de la Mongolie prend forme : allez voir la fiche technique qui vous mettra l’eau à la bouche sans occulter les ‘petits’ détails pratiques et logistiques.

Julien Lespine, un ami français qui vit en Mongolie et habite à Hatgal, a ramené des photos toutes fraîches des premières chutes de neige dans la région. Non content de retaper une bicoque toute de bois, il développe un projet de tourisme durable en étroite collaboration avec le Parc National et les communautés locales. En toute hypothèse, son activité débutera l’an prochain et un site internet est en cours de fabrication (je vous donnerai des nouvelles de lui).

De surcroît, le Monsieur est de la partie pour l’excursion et il lui prend déjà des envies d’affût à l’élan ou au loup.

Quentin

De la randonnée nordique en Mongolie cet hiver ?

octobre 6th, 2009 by qmoreau

Il est un pays de plaines et de collines, si grand et si peu peuplé, bien éloigné de tout océan, un pays tout en steppe qui se nomme Mongolie.

J’aime à croire que seul le train peut vous enmener facilement dans ce pays. Prenez un bus vers Bruxelles Gare du Nord puis un train et 40 heures plus tard, vous êtes à Moscou. De là et en quelques arrêts de majestueux métro, vous changez de gare et embarquez dans le Trans-sibérien : 4 jours plus tard, vous avez traversé l’Oural et des forêts infinies de bouleaux, vous avez entrevu l’immensité du Lac Baïkal pendant quelques heures, vous avez deviné l’étendue de la steppe et vous débarquez à Ulaanbaatar, capitale mongole.

Au fil des arrêts sibériens, vous aurez déjà tâté du froid piquant, celui qui assèche instantanément vos narines, qui vous prend à la gorge à chaque respiration. Janvier à Ulaanbaatar vous titillera de ses -20/-30 degré. Mais la ville n’a pas un premier abord très avenant. Et puis vous aurez l’envie d’aller tâter de la vraie nature. Un “petit” coup de bus (24h vers le NW entassés à 40 dans un bus qui ne devrait contenir que 30 personnes, les bagages dans les jambes, sur des pistes défoncées) et vous voici à Moron. Il faudra passer à un véhicule plus petit (un fourgon 4×4 et tape-cul russe) pour accomplir les 100 derniers kilomètres/3 heures qui vous séparent de Hatgal, votre camp de base.

Vous en avez fini des transports en commun et des transports tout court. Maintenant il ne reste plus que vos jambes, vos skis et votre transport amoureux pour ce bout du monde. Vous êtes à l’extrémité Sud d’un des plus grands lacs de Mongolie : le lac Hovsgol. Vous êtes dans une enclave mongole qui pointe son Nord vers la Sibérie (la république de Tuva et celle de Bouriatie). Il n’y a presque pas de yourtes ici, seulement des maisons en bois, il y a des montagnes et des forêts. Les ours dorment mais les loups rôdent. Vous n’êtes pas en Mongolie, vous en Finis terrae

Janvier. Brrrrr… Il va faire immensément froid. Le lac est gelé sur des mètres d’épaisseur. Il y a un peu de neige.

A ce moment, il ne restera plus qu’à chausser une paire de ski, à s’atteler à une pulka et às’observer avancer un peu ou beaucoup. Il ne restera plus qu’à se construire un itinéraire long ou moins long. Et puis surtout il faudra rencontré des gens, ahuris par votre présence, eux qui se terrent et protègent leur troupeau pour passer cette période difficile. Tout le long de la rive gauche du lac hivernent des familles nomades. Plus au NW, passée une chaîne de montagne, vivent les derniers Tsaatan, éleveurs de rennes logeant sous le tipi.

Si la logistique de ce genre de petite excursion risque d’être lourde dans tous les cas, il n’est peut-être pas nécessaire d’investir – en bon Occidental – des fortunes en matériel d’expédition polaire.

Si des gens vivent dans l’hiver mongol depuis des millénaires, peut-être est il possible de simplement s’habiller comme eux : un deel (grand manteau-robe) en soie et peau fourré, des bottes tout aussi fourrées avec leurs chaussons en feutre de 1,5cm d’épaisseur, des mouffles en mouton retourné fourrées, etc.

Pour les skis, peut-être suffit-il de suivre la même recette : faire local et même faire soi-même (voici comment font des voisins presque mongols dans l’Altaï chinois : http://wherewillyouski.blogspot.com/search/label/Making%20Skis ). Et pour la pulka : idem. Construisez un traineau assez solide et léger, fixez des patins d’acier, quelques bouts de cordelette et des tuyaux en pvc pour la rigidité de l’attelage.

Voici le défi lancé.

Voici, le défi vous est lancé !

A bientôt pour des nouvelles des préparatifs.

Quentin

UltimateTrek at the lake Hovsgol

septembre 13th, 2009 by domsny

Pictures of a 9 days trek in the middle of nowhere, with bears and wolves for sole companions.

Ulaanbaatar (Oulan Bator en Francais) – Bayanhongor – Ulaanbaatar

juillet 23rd, 2009 by domsny

Bayanhongor, 23 juillet 2009,

Le temps ne cesse de filer. Souvent j’ai l’impression que rien ne se passe. Rien d’extraordinaire, pas de grande aventure ou de grandes choses. Alors je me garde d’envoyer des nouvelles. L’excuse est bonne.
Pourtant c’est la vie que je vis. Toute simple. Avec ses points sombres et ses satisfactions. Que demander de plus ? Beaucoup de choses sans doute.
Bientot cinq mois hors de Belgique. Je vous dois des nouvelles.

LE TRAVAIL.

Je m’occupe. Bien et beaucoup. J’avais raison de ne pas vouloir chercher depuis l’Europe quelque chose a faire. J’ai trouve sur place, bien plus naturellement. La Mongolie est une terre de rencontres. Le surcroit de liberte que je ressens ici rend toutes choses possibles.

Je suis photographe pour AVSF (Agronomes et Veterinaires Sans Frontieres), une ONG francaise. En gros, je suis charge de renouveller leur phototheque en couvrant leur projet sur place.  mais elle m’offre l’opportunite de voyager a la campagne et surtout d’analyser l’action humanitaire ; belle et derisoire, intelligente ; vaine ? Les questions se posent et la comprehension du pays se developpe.

Je suis stagiaire pour l’ACMS (American Center for Mongolian Studies), un centre de recherche universitaire americain, cela meme si je ne suis ni etudiant ni americain. L’activite n’est pas remuneree (helas, mille fois helas). Mon projet : une etude photographique de la ville d’Ulaanbaatar a travers ses batiments les plus representatifs. Plutot que de prendre des photos, la recherche est davantage iconographique, j’ai a fouiller dans les archives et partout ou je peux pour trouver de vieilles photos de la ville.. Je n’ai de cesse de cotoyer des chercheurs de haut vol aussi. Ceux qui travaillent avec le centre mais aussi les anthropologues, architectes, paysagistes, urbanistes qui ont travaille sur cette ville. Toutes nationalites confondues. C’est excitant, ca repond a un manque dans ma vie intellectuelle,. C’est un travail d’une profondeur abyssale : j’essaie de comprendre la ville parce que cette ville est une porte d’entree royale a la comprehension de la Mongolie. Du coup, je n’avance pas.

Enfin, je prends des contacts avec moults anthropologues, etrangers ou mongols. Parce que je suis convaincu que proposer un support photographique a ce scientifique sur son terrain constitue un enrichissement de son travail. Et puis surtout parceque cela me fait prendre mon pied. A la clef : peut-etre l’animation d’un seminaire d’anthropologie visuelle au departement d’anthropologie de l’Universite nationale, vraisemblablement des sejours sur le terrain avec un anthropologue congolais qui vit ici, des portes ouvertes aupres de grandes universites occidentales.

LES IMPRESSIONS.

Je passe la majorite de mon temps en ville. Et Ulaanbaatar est un succedane de ville europeenne une ville qui court sur la ligne du temps d’une maniere deja surannee chez nous. Meme si elle est bien plus que cela, elle n’est pas extraordinairement depaysante, dans la vie que j’y mene en tous les cas. Je vis une sorte de vie d’expat, cotoyant les differentes castes occidentales : la tribu francaise, le groupe americain, les interpretes mongols, ou les mongols parlant anglais, etc. J’ai mes habitudes dans des lieux expats ou a touristes : la boulangerie francaise, le bistrot francais, l’Irish Pub (il y en a plus d’un). Cela a un cote rassurant de pouvoir faire partie d’une communaute a 10 000km de chez soi. En meme temps, comme un bon vieux voyageur (ou aventurier, ou touriste…), je cherche a m’encanailler dans des lieux purement mongols. Parceque c’est moins cher, parceque je n’en peux plus de voir des blancs, parceque c’est plus typique ou authentique aussi sans doute. Le paradoxe est la et je ne sais si je peux le resoudre.

Il y a la campagne aussi. Deux fois que je me rend dans la province de Bayanhongor, une premiere fois en avril-mai pour trois semaines et une deuxieme maintenant pour 10 jours seulement. 650Km et 15h de piste au WSW de la capitale. C’est deja le Gobi. Pas d’asphalte, pas d’internet, pas de telephone portable. Peu de construction en dur. Juste des yourtes (ger en mongol) et des troupeaux de chevres (surtout), de moutons, de chevaux, de vaches et de chameaux (j’aime bien les chameaux). C’est un peu Martine a la ferme au milieu de nulle part.

Allez, je vous fais une envolee lyrique sur le desert (qui me plait moins que les montagnes mais qui est d’une spiritualite sans nom).

Le désert. (printemps 2009)

Monotonie et multiplicité du paysage.

Le désert cest de la musique classique. Quelque chose dassez moderne sans être contemporain. Peut-être un trio pour piano de Shostakovitch. Des variations et toujours le même thème a revenir, obsédant. Le désert cest une œuvre en mineur, quoi quil en soit. Quelque chose de romantique et de rébarbatif tout a la fois, le désert est méditant. Des cailloux, du sable beaucoup, des herbes éparses, des mamelons de terrain, un horizon toujours lointain, des ondulations de terrain et du soleil qui se lève beaucoup trop tôt et se couche infiniment tard.

La couleur ou son absence.

Tout est tellement jaune ou beige ou sable que lon en voit du vert partout. L’espèce de vert qui croit se deviner au travers des lunettes solaires polarisantes, le vert dune minuscule pousse dherbe déjà broutée par une chèvre, le vert rêvé : un vert daltonien, un vert qui fait s’écarquiller les yeux, un vert-illusion.

Dabord dans mon Gobi mongol, tout est indifférencié. Je peux bien être en voiture et sur une piste, je suis perdu. Cest une douleur physique et métaphysique. Il ny a pas dordre, d’ordonnancement. La peur surgit, viscérale. Au fil des heures, des yourtes égrènent chichement, une colline noire visible de loin vient servir de point de repère, un rare arbre rabougri vient ponctuer lhorizon, une vallée asséchée ou une falaise divisent la zone en morceaux. Et la peur s’atténue. Il faut ensuite s’arrêter auprès dune yourte et boire le the de sa famille pour se sentir accueilli dans un havre, bien humain et harmonieux. Cest alors un petit miracle tout rond et tout vivant qui vous entoure, coince dans un repli du désert. Et lespace de quelques instants, la peur nexiste plus. Il faut après quitter a pied ce paradis immanent et marcher, trébucher sur les touffes dherbe a chameaux, peiner dans le sable vente jusqu’à changer dhorizon. Une fois, puis deux ou trois. La peur est toujours la mais cette fois comme un instinct de survie. Et les sens s’éveillent. Les yeux percent les points cardinaux de détails remarquables, le vent fouettant le visage sert de boussole, le type de caillou ou dherbe sur le sol marque un point de repère. Étonnamment vite, en fait, je devine lemplacement dun camp ou dun puit sans coup férir. Je ne suis ni chasseur, ni pisteur, ni ornithologue et pourtant mon regard porte au loin, distingue loiseau ou le gibier ou bétail ou lhomme solitaire. Le désert sapprend vite, il nen laisse pas le choix.

Le désert est viril et rude. Il est un Leviathan naturel, puissant, incommodant et accommodant. Ici tous les oiseaux sont migrateurs. Ici, seul le chameau est vraiment a sa place. Les hommes nichent dans leurs anfractuosités de yourtes. Ces hommes redonnent une valeur de premier plan a l’humanité : la simple adaptation au milieu. Ils n’en donnent pas moins l’impression d’avoir conquis leur place dans l’écosystème de toute leur force et leur intelligence.

Les gens. Lenclos rond ou gambadent les cabris. La yourte ronde dans laquelle la mère donne le sein au nouveau-ne. La communion presque mystique de lun et de lautre.

Depuis le printemps, le desert a verdi un peu mais est toujours plein de cailloux ou de sable. Les animaux sont moins malingres qu’a la sortie de l’hiver, ils se remplument. Il fait beaucoup plus chaud. Les gens brulent au soleil ; les joues rougies des enfants. Le cashmere a ete peigne, la laine de chameau coupee. Meme les chiens ont mue. On trait maintenant chevres et chevaux les cabris et poulains, maladroits gambadent. On boit du lait de jument ou de chevre a tout va, on mange du yaourt. La viande sechee preparee a l’automne dernier laisse place a la viande fraiche. Les provisions de fromage de l’an dernier (a sucer parceque dur comme de la pierre) sont remplacees par du nouveau, tendre, sans sel ou parfois sucre. L’hospitalite des gens simples est bien la, quoique moins complete que l’hospitalite musulmane.

Un bien romantique tableau, n’est-ce pas ?!

Detrompez-vous. Cela n’est que la poesie d’un esprit occidental.

Le pays ne fonctionne pas. Si le communisme mongol a fait des ravages (purges, conversion de force a l’ideal socialiste, etc.), il a aussi cree une structure incroyable et un marche economique elargi a un continent, l’URSS.. Le passage au liberalisme a aboli jusqu’a la derniere des infrastructures. La democratie est advenue mais le gouvernement s’occupe de ses petites affaires loin des preoccupations du quidam. Le quidam a repri son mode de vietraditionnel et authentique d’eleveur sous la yourte. Avait-il le choix ? Ceux qui ne sont plus capables d’etre eleveurs grossissent la maree humaine d’emigres dans les banlieues de la capitale. Ont-ils le choix ?

Le gouvernement regit son pre carre. Les ONG regnent (en hotes du gouvernement) sur le social. En bonnes entreprises, les ONG divisent pour mieux regner et se preoccupent de garder leurs subsides publics, de conserver leurs salaires mirobolants (pour les chefs de mission) et leur plethore de volontaires anonymes et non-payes. Comment cela pourrait-il remplacer l’economie et la securite sociale toute puissante d’un communisme ? Bien loin de moi l’idee de glorifier le communisme. Mais. Faites le parallele avec nos chers systemes politiques europeens.

J’arrete la. Je pourrais m’epandre en mode diarrhee sur le sujet.

LES DECEPTIONS.

Deceptions personnelles maintenant. J’ai aime et hai mon precedent voyage a velo. Hai parceque je n’ai rien fait d’autre qu’effleurer la surface de realites qui m’interessaient. Aime pour toutes les autres raisons du monde. Pour cette escapade mongole, je voulais vivre dans un pays et non plus le traverser. Voici qui se fait. Et alors ?

Je ne parle pas mongol. Tout au plus, je peux commander a manger et prendre un bus. Et puis meme si je parlais mongol, je ne serais qu’un blanc-parlant-mongol. C’est une illusion que de croire que l’on peut se fondre dans une culture et la vivre.

Je passe du temps a vivre comme un expatrie. Mais cela, c’est vouloir reproduire sa culture en terre etrangere. Quel sens en degager ?

On vit ici mais on n’y a pas d’ami, pas de vie sociale. Si l’on excepte les apparences (cocktail, entrevue de convenance, reception a l’ambassade, etc.), qui sont les amis ? J’ai la chance d’en avoir trouve un, un seul. C’est plutot chiche. Et je m’estime chanceux.

Le pays est trop grand. On peut se rendre dans toutes les capitales de province facilement mais moyennant des dizaines d’heures de bus ou de fourgon. Apres, il faut louer une voiture, les services d’un chauffeur. Resultat : on passe sa vie dans une cage d’acier. Et je suppose que vous savez que la voiture ne permet pas vraiment de voir ou de rencontrer.

Les rencontres enfin. Elles sont intenses. Des gens intelligents, interessants, fascinants. A part le fait d’enrichir le nombre de mes amis sur Facebook, il est problable que je n’adresserai plus la parole a 95% d’entre eux. Pour cause de temps ou de preoccupations ou d’eloignement geographique. Pour ceux qui connaissent, il y a une belle phrase de Nicolas Bouvier a ce sujet.

ALORS MAINTENANT, ON FAIT QUOI ?

Alors maintenant ? Je vais essayer de finir mes projets parceque je ne veux pas quitter ce pays comme quitter un lieu de vacances. Ce sera octobre au plus tot pour une premiere date de retour possible..

L’idee est venue de passer quelques mois d’hiver avec une famille mongole, sous la yourte. Peut-etre. Cela permettrait d’apprehender un peu mieux cet univers-ci, d’apprendre un peu de langue. Allez savoir si cela vaut la peine ?

Je n’ai rien vu de ce pays. Et on ne cesse de me dire que le lieu est infiniment varie. L’idee est de le parcourir un peu plus. Mais a quel prix ? En simple touriste ? Avec un tres cher tour organise ? En louant une voiture ? Par soi-meme en bon backpacker ? Et pour quelle finalite ?

Aller faire un tour plein Ouest dans l’Altai ? C’est 4 jours (et nuits) de voiture mais ce serait pour aller faire un peu d’alpinisme… J’aimerai bien mais la voiture … toujours la voiture.

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En tous les cas, je me promet de preparer mon retour avant de debarquer en Europe. Je ne l’avais pas fait la fois precedente et cela m’a vraiment coute trop cher… (Si l’un d’entre vous a des idees, un boulot a proposer ou des pistes pour publier des articles ou un livre, je suis preneur !!!! ;-) )) ) Ce que je sais, c’est que la photo devient importante dans ma vie et il y a moyen d’en faire quelque chose d’intelligent.

Je vous quitte sur ces questions et ces incertitudes.

Je vous rassure en vous disant que je passe du bon temps ici, du temps qui n’est pas perdu.

Je vous embrasse tous et vous dit bon vent.

A tres bientot.

Q

Appel de la Mongolie

février 13th, 2009 by qmoreau

La Mongolie m’appelle pour au moins les 7 prochains mois.
J’y accompagne Christine qui s’est dégoté un petit stage de derrière les fagots.
Charge à moi d’y trouver un chouette volontariat ou tout simplement d’acheter un cheval et d’apprendre quelques langues.

Quentin