Une expédition de 3 jours et 2 nuits à la découverte des paysages emblématiques des Vosges. Randonnées, pique-niques en pleine nature et nuitée en refuge permettent de vivre une immersion authentique dans la montagne et de renouer avec l’essentiel.
Deux gars, le massif du Hohneck et beaucoup de neige
Récit d’un week-end vosgien — 4 et 5 avril 2026
Pourquoi les Vosges ?
On voulait du dépaysement sans devoir faire trois jours de route. Les Vosges, c’était parfait : à quelques heures de chez nous, des sommets, des forêts, des lacs. Avec Victor, on est potes depuis longtemps, surtout depuis qu’on est à l’école ensemble, et l’idée de partir tous les deux deux jours en mode « on se débrouille » nous tentait bien.
Le plan de base était simple : voiture jusqu’au pied du Hohneck, deux jours de marche, une nuit en refuge. Sur le terrain, on a vite compris que les Vosges en avril, c’est pas si tranquille que ça.
Une rencontre bizarre… avant même d’être partis
On n’était même pas encore sortis de Belgique. Petit arrêt à une pompe à essence, et là, surprise : on tombe sur des potes de notre classe, pouce levé, qui faisaient du stop pour aller eux aussi dans les Vosges pour le même atelier. On n’y croyait pas. Quelle proba de tomber sur eux à cet endroit précis ? Sur le moment ça nous a juste fait marrer, mais c’est quand même un peu fou : l’expé n’avait pas commencé et on tombait déjà sur du monde de la communauté.
Jour 1 — Brouillard, pluie et lac de Retournemer
On démarre dans la grisaille. Ciel bas, pluie fine qui s’invite assez vite, brouillard partout. 11,4 km, 360 m de D+, 2h30 de marche autour du lac de Retournemer.
Sur le papier, c’est censé être une mise en jambe. En vrai, c’est déjà bien plus chaud que prévu. Y a encore pas mal de neige au sol, ça glisse, et chaque montée demande de faire gaffe. Moi j’avais le matos qu’il fallait, Victor un peu moins. On a dû ralentir, s’adapter, se filer un coup de main dans les passages chauds.
Le lac, on l’a quasi pas vu à cause du brouillard. C’était quand même cool dans le genre ambiance bizarre, mais clairement pas la carte postale qu’on espérait.
On arrive au refuge en fin d’après-midi, trempés, les jambes lourdes, mais contents.
Le refuge — au chaud enfin
Le refuge du pied du Hohneck, c’était nickel. Bonne ambiance, d’autres marcheurs autour des tables, repas chaud. On enlève les couches mouillées, on s’installe, on discute avec les autres.
Repas du soir et petit déj compris, ce qui change la vie quand t’as passé la journée sous la pluie. Le truc qu’ils nous disaient en cours sur le fait que « l’aventure ne s’achète pas, elle se partage », on l’a un peu mieux compris ce soir-là.
Jour 2 — Soleil, froid et crêtes du Hohneck
Réveil sous un ciel bleu. Changement complet par rapport à la veille. La neige qui nous avait galéré la veille brille maintenant au soleil. Il fait froid, vraiment froid, mais avec le soleil ça passe.
Au programme : 13,6 km, 460 m de D+, 3h sur les sentiers. On monte sur les crêtes, on traverse des vieilles pistes de ski encore enneigées, et là on profite enfin des vues qu’on n’avait pas eues la veille. Un peu la récompense d’avoir tenu bon le premier jour.
Ce qu’on a appris (et ce qu’on avait sous-estimé)
Faut être honnêtes : on est tous les deux plutôt sportifs, et on s’était dit que deux jours de marche dans les Vosges, ça allait passer tout seul. On s’est trompés. La marche c’est pas du sport comme un autre. C’est lent, c’est répétitif, ça use. Le D+ s’accumule, la fatigue arrive, et la neige technique fait que chaque pas demande de la concentration.
Ce qu’on retient :
- L’autonomie, ça se prépare. On avait pris le minimum (pique-niques, eau, couches chaudes), mais on aurait dû mieux anticiper le matos neige pour Victor.
- À deux ça change tout. Les passages chauds, on les a passés en se motivant. Tout seul on aurait peut-être lâché.
- La météo fait l’expé. Le contraste entre la grisaille du J1 et le soleil du J2, c’est ce qu’on retient le plus.
- La communauté c’est pas qu’un concept. La rencontre à la pompe, le refuge — c’est concret, ça se vit.
En résumé
25 km, 820 m de D+, deux jours, une nuit, un brouillard, un soleil, et une rencontre random à la pompe. C’est pas l’expédition de l’année sur le papier, mais largement assez pour comprendre ce que ça veut dire « sortir de sa zone de confort ». On revient avec des courbatures, des photos, et l’envie d’y retourner — mieux préparés.
Le Hohneck nous attend. La prochaine fois on saura.
