Alors voilà, c’est comme ça que je me suis retrouvé à partir pour 4 jours de raquettes dans les Aravis et à profiter des premières neiges de la saison. Et ce, dans le but de prendre une petite rupture avec mon quotidien pour mieux y revenir.
Le troisième jour était MA-GIQUE. Le vent soufflait encore bien le matin, j’ai réussi tant bien que mal à replier la tente et ranger toutes mes affaires sans que rien ne s’envole. Puis je me suis mis en route vers un passage plus technique. Arrivé à ce passage, j’ai vite compris qu’il était insensé de tenter de l’emprunter seul et avec la faible expérience que j’ai. Je me suis donc assis et j’ai regardé le Mont Blanc, ainsi que toutes les autres montagnes à côté. Le vent venait de faiblir, le soleil brillait de mille feux. A part quelques bruits de pierres qui tombent de temps à autres environ 200 mètres sur ma gauche, pas un bruit. Juste le calme, la beauté, et… quatre jeunes bouquetins qui viennent gambader dans un pierrier à une cinquantaine de mètres sur ma droite. Je les observe pendant une bonne heure. De là, je vois également deux chamois. Et un gypaète barbu passe, comme pour dire « Hé ! Chuis là aussi hein ». Je me remets en route, en rebroussant chemin. Et après une centaine de mètres seulement, je fais un mini détour pour voir si un chamois que j’avais aperçu plus tôt dans le coin ne s’était pas rapproché. Et là, en arrivant sur une petite butte, je tombe face à un groupe d’une quinzaine de bouquetins. Je comprends assez vite : les plus petits et les plus pâles sont sur le côté du groupe. Alors que les plus imposants et les plus foncés sont au centre. Les mâles se battent pendant que les femelles attendent patiemment à côté. Une dizaine de mâles tentent de se montrer plus imposants que les autres et, de temps en temps, deux individus du groupe croisent leurs cornes. Voilà d’où venait le bruit des fameuses « pierres » qui tombaient depuis tout à l’heure : c’était le bruit des cornes qui s’entrechoquaient. Je les observe une vingtaine de minutes, puis je me remets en route. Le reste de la journée se passe à merveille : le soleil continue à me réchauffer jusqu’à ce qu’il finisse par disparaître derrière quelques montagnes.
Finalement, le quatrième jour, je finis par quitter la neige, je raccroche les raquettes à mon sac à dos et je file en direction de la vallée. Sans oublier de parfois me retourner vers les sommets enneigés, que j’ai déjà hâte de revenir titiller plus tard dans la saison.
